
Trois offres de reprise ont été déposées pour Duralex à l’issue de la période de candidature, le 11 septembre 2026. Carlesimo, Cédric Meston et AA Investments défendent des projets très différents pour l’avenir de la verrerie du Loiret et de ses 243 salariés.
Trois candidats pour reprendre Duralex
L’avenir de Duralex se jouera finalement entre trois candidats.
La période de dépôt des offres de reprise de la célèbre verrerie de La Chapelle-Saint-Mesmin, dans le Loiret, s’est achevée vendredi 11 septembre 2026. Le tribunal de commerce d’Orléans devra désormais départager les trois projets déposés.
La procédure intervient alors que Duralex est placée en redressement judiciaire depuis juin 2026. L’activité de l’entreprise tourne actuellement au ralenti et ses 243 salariés attendent de connaître l’identité du futur repreneur.
Les trois candidats présentent des profils et des stratégies sensiblement différents.
Carlesimo, déjà candidat lors du précédent redressement
Le premier projet est porté par Carlesimo, une holding ligérienne spécialisée dans la fonderie et la transformation des métaux. Le groupe avait déjà manifesté son intérêt pour Duralex lors du précédent redressement judiciaire de l’entreprise, en 2024. À l’époque, c’est finalement le projet de société coopérative, ou Scop, qui avait été retenu.
Pour cette nouvelle procédure, Carlesimo souhaite notamment reconstruire le four de la verrerie et poursuivre l’activité industrielle sur le site historique de La Chapelle-Saint-Mesmin. Son projet s’inscrit donc dans une logique de maintien de l’outil industriel et de relance de la production.
Cédric Meston veut relancer la marque Duralex
Le deuxième dossier est porté par Cédric Meston, entrepreneur français et cofondateur d’HappyVore.
Il dirige également la holding Tomé, qui s’est notamment illustrée avec la reprise de Tupperware France en 2025. Comme Carlesimo, son projet prévoit la reconstruction du four et le maintien de Duralex sur son site historique dans le Loiret. La stratégie repose également sur la valorisation de la marque Duralex, qui bénéficie d’une forte notoriété auprès du grand public.
Les représentants du personnel ont pu rencontrer Cédric Meston afin de prendre connaissance de son projet.
AA Investments : une offre radicalement différente
Le troisième dossier provient d’AA Investments, une société basée à Hong Kong et détenue par l’homme d’affaires français Morteza Goshayeshi et sa famille.
Le groupe familial est présent dans la commercialisation de produits de beauté, de parfums et de biens de grande consommation. Il a notamment racheté l’enseigne de décoration Bouchara en mai 2026. Son projet pour Duralex apparaît toutefois très différent de ceux des deux candidats français.
Selon les informations rapportées par France 3, AA Investments ne conserverait que trois salariés sur les 243 employés actuellement présents chez Duralex. La société n’a par ailleurs pas présenté son projet devant le comité social et économique (CSE) lors de la rencontre organisée avec les candidats le 10 septembre.
Cette proposition suscite une forte opposition du côté des représentants syndicaux.
Les salariés au cœur des enjeux de la reprise
Pour les syndicats de Duralex, le maintien de l’emploi constitue l’un des principaux critères permettant d’évaluer les différentes offres. François Dufranne, délégué CGT de l’entreprise et salarié de Duralex depuis 35 ans, estime notamment qu’une reprise ne peut pas se limiter à la marque et au savoir-faire.
Selon lui, le principal problème de Duralex reste celui des ventes et des volumes de production.
L’enjeu dépasse donc la seule question de la propriété de la marque. Pour assurer la pérennité de la verrerie, le futur repreneur devra également être capable de relancer suffisamment la production et de trouver des débouchés commerciaux.
Quel avenir pour l’outil industriel de Duralex ?
Le contraste entre les trois offres pose une question centrale : quel avenir pour l’outil industriel de Duralex à La Chapelle-Saint-Mesmin ?
Les projets de Carlesimo et de Cédric Meston reposent sur la reconstruction du four et la poursuite d’une activité industrielle sur le site historique. À l’inverse, l’offre d’AA Investments, si les informations concernant les effectifs envisagés sont confirmées, s’inscrirait davantage dans une logique de reprise de la marque et du savoir-faire, avec un impact très important sur l’emploi local.
Pour une entreprise emblématique de l’industrie française, le choix du tribunal aura donc des conséquences qui dépassent largement le seul avenir de Duralex.
Le tribunal de commerce d’Orléans doit désormais trancher
Après la clôture des candidatures le 11 septembre, la procédure entre désormais dans une nouvelle phase.
Le tribunal de commerce d’Orléans doit examiner les différents projets et déterminer celui qui présente les meilleures perspectives pour l’entreprise lors d’une prochaine audience est annoncée pour le 17 septembre 2026. Le nom du futur repreneur ne devrait toutefois pas être connu immédiatement.
Pour les 243 salariés de Duralex, l’enjeu est majeur : il s’agit de savoir si la célèbre verrerie pourra retrouver une activité industrielle durable à La Chapelle-Saint-Mesmin, et avec quels effectifs.
Duralex, une entreprise emblématique de l’industrie française
Fondée en 1945, Duralex est notamment connue pour ses verres trempés réputés pour leur résistance. La marque est devenue au fil des décennies un symbole du savoir-faire industriel français. Son avenir constitue ainsi un enjeu à la fois économique, industriel et social pour le territoire du Loiret.
La décision du tribunal permettra de déterminer quelle stratégie sera privilégiée : relance de l’outil industriel, développement de la marque, maintien de l’emploi ou combinaison de plusieurs de ces objectifs.